Christopher Deacon: Carnet de bord du capitaine
Jour 17 – Bénis soient nos chauffeurs d’autobus!
09 Nov 2008
Dimanche, nous reprenions la route, de Regina à Saskatoon. J’avais réservé ma place à la table de cartes à l’arrière de l’autobus no 1, celui où on tolère les esprits un peu turbulents. On y joue un jeu de cartes dont je vous épargnerai le nom et auquel je perds plus souvent qu’autrement – mais qui, pour des raisons qu’il serait bien trop long d’expliquer ici, avive nos instincts de compétitivité en même temps qu’il nous faire rire aux larmes.
La route était belle. La routine, quoi, jusqu’aux abords de Saskatoon. Les joueurs ont tout à coup remarqué que le chauffeur conduisait TRÈS lentement, ce qui était bizarre puisqu’il y avait peu de circulation et que le temps semblait beau. La réponse est venue un peu plus loin quand on a commencé à voir des voitures s’accumuler sur l’accotement et… dans le décor. Un camion remorque renversé sur le côté, une voiture amochée amputée d’un essieu, tournée à l’envers, puis d’autres encore, pêle-mêle, comme des jouets brisés. Le coupable était bien sûr la pluie verglaçante. Nous sommes arrivés à bon port, lentement mais sûrement, grâce à notre chauffeur Oliver, propriétaire de la compagnie d’autobus, qui ressemblait à Burl Ives.
Le concert de dimanche soir au TCU Place, dont l’Orchestre symphonique de Saskatoon assurait la présentation, était précédé d’une prestation dans le Foyer par les Saskatoon Strings, un ensemble de jeunes de la région.
Une prestation d’avant-concert était inscrite au programme dans chaque ville – souvent un chœur, parfois un ensemble à cordes. Ce volet était organisé par Christy Harris, gestionnaire de l’Institut estival de musique et membre de la tournée, qui a aussi collaboré à la tenue de toute une série d’activités éducatives. Christy m’a demandé de la photographier en compagnie de son meilleur ami dans le Foyer.
À l’entracte, notre agente de communication, Jane Morris, jouait du coude en coulisse pour faire de la place, entre les cafés et les beignets, pour ses deux énormes cartons d’affichage portatifs remplis de critiques et de coupures de presse diverses sur la tournée. Elle les affiche tous les soirs pour les musiciens et le personnel administratif.
Le public a réservé une ovation aux musiciens après le concert, magnifique. La Symphonie no 5 de Tchaïkovski dure près d’une heure, un véritable marathon – tout comme cette tournée d’ailleurs. On ne percevait pourtant pas le moindre signe de fatigue chez les musiciens dans la prestation de ce soir à Saskatoon – une interprétation toute en fraîcheur, aussi énergique et passionnée qu’au premier jour de la tournée. Je voudrais me sentir aussi pimpant.




